Welcome to (Green Day) Paradise

« Still Breathing » en écoute

septembre 23rd, 2016

Infos sur les chansons de RevRad

septembre 22nd, 2016

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A 2 semaines de la sortie du nouvel album « Revolution Radio », les membres de Green Day révèlent l’inspiration derrière les morceaux qui le composent!

1. « Somewhere Now »

Le titre qui ouvre l’album alterne entre des sons rêveurs proches d’interludes acoustiques et des explosions dans le style des Who. Tré Cool considère que ses parties à la batterie sur ce morceau sont les meilleures qu’il ait jamais faites. Billie Joe annonce dans la première phrase « I’m running late to somewhere now that I don’t want to be » (« Je suis en retard quelque part à présent où je n’en ai pas envie »). A propos de la chanson, BJ déclare « C’est l’introduction que je préfère parmi tous nos albums. Je trouve qu’on s’y retrouve vraiment, qu’on l’écoute en partant au boulot, ou en allant chez le dentiste. » D’autres paroles: « How did life on the wild side get so dull » (« Comment est-ce que la vie du côté sauvage est-elle devenue si ennuyeuse? ») font écho aux épreuves qu’à traversées BJ après sa cure de désintox: « Comment est-ce qu’on arrive à faire face à soi-même? Avant, quand je me posais cette question, je me prenais une bière. Maintenant, il faut que j’apprenne à respirer un peu plus. Je n’ai jamais su gérer l’ennui. Je n’ai jamais su quoi faire quand je me retrouve seul. »

2. « Bang Bang »

La chanson la plus rapide et la plus agressive de l’album est aussi le premier single, et le premier morceau qu’a écrite BJ pour cet opus. « Ca a fait du bien d’avoir une chanson comme celle-ci qui s’est écrite naturellement. C’est une des meilleures chansons punk que j’ai jamais composées. C’est arrivé comme ça. Je n’ai pas trop réfléchi. Je l’ai montrée aux mecs. Je leur ai dit que ça sonnait comme du Green Day. Mike et Tré étaient étonnés. » Sur ce titre, BJ chante en prenant le point de vue d’un tueur de masse. « C’était vraiment flippant quand je me suis mis dans la tête du personnage. J’ai commencé à me sentir mal. »

3. « Revolution Radio »

« Give me cherry bombs and gasoline! » (« Donnez-moi des bombes et de l’essence« ) BJ chante sur ce titre. Cette idée lui est venue à New York il y a deux ans quand il est tombé sur une manifestation « Black Lives Matter ». Très vite, BJ est sorti de sa voiture pour rejoindre la protestation sur la Huitième Avenue. « Je gueulais ‘Les mains en l’air, ne tirez pas’ et j’avais l’impression d’être du bon côté de l’Histoire…Quelque chose se passait. Beaucoup de vieilles personnes meurent et les valeurs portées par les années 50 se perdent, et ce qui s’est passé dans les années 60 se manifestent maintenant plus que jamais. »

4. « Say Goodbye »

Quand BJ a composé ce morceau, c’était en réaction face aux images qui montraient les véhicules militaires dans les rues de Ferguson, Missouri. « Je me suis dit, mais merde, quand quel pays est-ce que je vis? En quoi est-ce c’est différent par rapport au Printemps Arabe?« . Une des paroles, « Teach your children well from the bottom of the well » (« Eduque bien tes enfants du fond du puit« ) est une référence directe à des événements actuels « Je pense à Flint, dans le Michigan, où les gens essayent d’éduquer leurs enfants alors qu’ils sont en train de boire des trucs toxiques. Tu ne peux pas éduquer les enfants s’ils sont dans une situation aussi désespérée ».

5. « Outlaws »

Un morceau mélancolique et intense qui fait écho à la jeunesse punk du trio « When we were outlaws/when we were forever young » (« Quand nous étions hors la loi/Quand nous étions jeunes pour toujours »). BJ explique « Je me sentais nostalgique, je me suis souvenu de l’époque où Mike et moi nous forcions les voitures des gens pour voler des cassettes, des briquets et des merdes comme ça« . Le groupe considère ce titre comme une sorte de suite à leur chanson « Christie Road » sortie en 1992 qui relatait aussi cette période du groupe.
6. « Bouncing off the Wall »

Premièrement intitulée « Concrete Dream », et un des derniers titres à être ajouté à cet album, cette chanson un côté assez fun: « It’s all that I want and I want to be free » (« C’est tout ce que je veux, et je veux être libre ») chante BJ. « Got Satan riding next to me/’Cause we’re all bloody freaks/And we’ll give you the creeps/Chasing fireflies and zeroes. » (« J’ai Satan qui me poursuit/Parce qu’on est tous des fous/Et on vous fera peur/En chassant les lucioles et les ratés »)

7. « Still Breathing »

Un junkie sur le point de mourir, un parieur qui s’apprête à tout perdre, et un soldat blessé en première ligne. Voici les personnages que l’on retrouve sur ce titre troublant. « C’était une chanson assez lourde. Parfois, je fuis cette lourdeur. Mais parfois, ça vient comme ça. » Le refrain « I’m still breathing on my own » (« Je respire encore tout seul ») fait référence au fait « qu’un moment donné, on va tous se retrouver en réanimation. Plus le temps passe, plus nos pensées deviennent sombres. »

8. « Youngblood »

Cette chanson power pop est dédiée à la femme de BJ, Adrienne, avec qui il est marié depuis 22 ans. « I want to hold you like a gun/We’ll shoot the moon into the sun. » (« J’ai envie de te tenir comme un flingue/On tirera sur la Lune dans le Soleil »). BJ explique « C’est facile d’écrire à son sujet parce qu’elle est géniale. ». La chanson s’achève avec la punchline « Are you broken/Like I’m broken/Are you restless?/She said, « Fuck you, I’m from Oakland! » (« Es-tu brisée/Comme je le suis/Es-tu agitée?/Elle me répond « va te faire foutre, je viens d’Oakland! »)

9. « Too Dumb to Die »

Après une intro assez grave, la chanson part dans une mélodie avec des accords progressifs, qu’on aurait pu retrouver sur « Dookie », mélangés avec des paroles autobiographiques. BJ chante « I was a high school atom bomb, going off on the weekends/ Smoking dope and mowing lawns/And I hated all the new trends … I’m hanging on a dream that’s too dumb to die. » (« J’étais une bombe atomique au lycée, j’explosais les weekends/Je fumais et je tondais les pelouses/Et je détestais les trucs à la mode… je m’accroche à un rêve qui est trop stupide pour disparaître »)
10. « Troubled Times »

Un titre résolument rock qui montre les USA au bord du désastre, plein de problèmes raciaux et d’inégalités économiques. BJ raconte « J’aimerais tellement dire que la phrase « We live in troubled times » (« On vit dans un monde chaotique ») est cliqué, mais ce n’est pas le cas. Trump s’en prend à la peur des gens, à leur colère et à leur désespoir… »

11. « Forever Now »

C’est le morceau le plus ambitieux de l’album, qui dure près de 7 minutes. On y retrouve un mini opéra rock, plusieurs chansons en une, dont une reprise du premier titre « Somewhere Now ». Pour BJ:  » « Forever Now » est un retour à la case départ, et c’est tellement amusant d’écrire comme ça. Tu peux te sentir comme un gosse dans sa chambre, quand tu te prends pour le Dieu du rock. » La chanson commence avec « My name is Billie and I’m freaking out » (« Mon nom est Billie et je pète un câble. »), phrase qui est la plus honnête qu’il ait jamais écrite selon lui. Le titre se termine avec  « I ain’t gonna stand in line no more » (« Je ne vais pas me plier aux règles »). BJ explique: « Ca ressemble à un slogan de manifestation. Genre, je ne vais pas accepter ce status quo, ou je ne veux pas me faire manipuler. Qu’est ce qu’on veut? De la justice. Quand? Maintenant.« . C’est en fait trois chansons que BJ a lié ensemble. « C’était assez difficile. Mais à la fin, quand on en vient à ce grand refrain où tout s’entremêle et qu’on part sur ce riff, c’était juste magnifique. »
Tré Cool ajoute « Cette chanson a été modifiée tellement de fois. Mais ce qui est bien, c’est que Billie n’a rien forcé. Il a juste laissé faire les choses et a essayé plein de trucs différents. Et puis on en est arrivé à ce moment où on s’est dit que c’était la bonne. Et c’était génial. Ca nous a tous filé la chair de poule. »

12. « Ordinary World »

BJ a composé cette balade pour son film, qui porte le même nom, où il joue le rôle d’un rockeur qui a raté sa carrière. Le réalisateur du film lui a demandé de composer une chanson que le personnage aurait pu écrire sur sa vie. Cela lui a pris plusieurs essais, mais finalement, le titre final était tellement puissant pour BJ qu’il a décidé de l’intégrer à l’album de Green Day. La phrase finale donne à l’album une touche positive « Baby I don’t have much/but what we have is more than enough/Ordinary World » (« Chéri, je n’ai pas grand chose/mais ce qu’on a est amplement suffisant/Un monde normal »)

 

Clip de « Bang Bang »

septembre 14th, 2016

Voici le clip officiel de « Bang Bang » réalisé par Tim Armstrong!

Lyrics video « Revolution Radio »

septembre 9th, 2016

Nouvelle chanson extraite de l’album du même nom, « Revolution Radio »!

 

Green Day en couverture de Rolling Stone

septembre 7th, 2016

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Nouvel article sur Green Day, cette fois pour le magazine Rolling Stone. Encore une fois, le groupe revient sur ces 4 dernières années qui les ont amené à « Revolution Radio ».

Cet article évoque plus particulièrement les problèmes d’alcool qu’a rencontrés Billie Joe, notamment son pétage de câble au concert iHeartRadio en 2012. Pour ceux qui ne s’en souviendraient pas, la vidéo est ici.

« Honnêtement, je suis incapable de me souvenir de ce que j’ai dit ce soir-là« , raconte Billie Joe. Mike était d’accord avec ce que disait Billie Joe, « Mais là où je n’étais pas d’accord, c’était de voir mon ami péter un câble. Là, ça allait trop loin. Et il ne s’en rendait même pas encore compte. Je lui ai dit que pour l’instant il fallait qu’on arrête, qu’il le reconnaisse, que je n’avais plus envie de jouer avec lui tant qu’il n’allait pas se faire soigner. » Et pendant que Billie Joe était en cure, Mike lui envoyait des lettres d’encouragement mais qui étaient aussi sèches, comme par exemple: « Si on s’en sort et qu’on se remet ensemble, il faut qu’on soit plus forts que jamais, sinon ça n’est pas la peine de continuer. »

BJ est maintenant sobre, et s’il ne l’était pas devenu: « Je ne sais même pas si je serais encore là« .

Billie Joe explique qu’il est devenu sobre assez naturellement. Ca ne le dérange pas si les autres membres du groupe boivent devant lui. Il apprend même à profiter de chaque journée, même quand il ne se passe rien de spécial. Il se réveille, va promener ses 4 chiens (« Mojo, Mickey, Rocky et Cleo, on dirait un groupe de musique dit comme ça »), traîne dans son magasin de guitare à Oakland (Broken Guitars), va dans son studio, rentre pour aller dîner et « je regarde Game of Thrones comme tout le monde« .

 

Officiel: Concert à Paris (AccorHotels Arena) le 3 février

septembre 6th, 2016

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L’annonce a été officialisée ce matin, Green Day sera de retour pour un concert à Paris le 3 février prochain à l’AccorHotels Arena!

  • Vous pouvez déjà vous inscrire à la pré-vente sur le site d’AccorHotels Arena, qui sera lancée jeudi 8 septembre via livenation.fr
  • Les places seront en vente à partir de vendredi 9 septembre à 10h, sur FnacSpectacles et dans les points de vente habituels (Carrefour, Auchan…)
  • Le prix des places est entre 56,50€ et 67,50€
  • Vous pouvez rejoindre l’event officiel Facebook ici pour + d’infos!

Dates tournée 2017

septembre 6th, 2016

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L’annonce est tombée cette nuit sur le site officiel de Green Day, qui a accidentellement mis en ligne les dates…avant de les enlever. L’annonce officielle va se faire dans la journée, avec + d’infos sur la mise en vente. Pour Paris, les places seront en vente ce vendredi à partir de 10h dans les points de vente habituels (Fnac, Carrefour etc….)

10 janvier – Turin, Italie (Palapitour)
11 janvier – Florence, Italie (Mandela Forum)
13 janvier – Bologne, Italie (Unipol)
14 janvier – Milan, Italie (Forum)
16 janvier – Zurich, Suisse (Hallenstadion)
18 janvier – Mannheim, Allemagne (Sap Arena)
19 janvier – Berlin, Allemagne (Mercedes Benz Arena)
25 janvier- Oslo, Norvège (Spektrum)
27 janvier – Stockholm, Suède (Globe)
30 janvier – Cologne, Allemagne (Lanxesse Arena)
31 janvier – Amsterdam, Pays-Bas (Ziggo)
2 février – Bruxelles, Belgique (Forest National)
3 février – Paris, France (AccorHotels Arena)
5 février – Leeds, GB (First Direct Arena)
6 février – Manchester, GB (Manchester Arena)
8 février – Londres, GB (O2 Arena)

1ere date confirmée à Toronto

septembre 2nd, 2016

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Le 23 septembre prochain devrait signer le coup d’envoi de la tournée d’automne de Green Day. (selon NHL.com)
Cette première date sera une prestation donnée lors de la Coupe de Monde de hockey à Toronto au Canada!

L’annonce des dates de la tournée est donc imminente….

Green Day à Bercy en février 2017

août 31st, 2016

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A confirmer, mais Green Day devrait bel et bien faire son grand retour sur scène en France à Paris Bercy (ou plutôt l’AccorHotels Arena…) le vendredi 3 février prochain! La mise en vente des places se fera à partir du vendredi 9 septembre.

Info donnée par Zégut.

Kerrang – Août 2016

août 17th, 2016

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Scans.

Et juste comme ça, Green Day est de retour. 4 ans après la trilogie, 3 ans après leur dernier concert au Royaume-Uni, et un bail depuis l’incident du show de iHeartRadio pendant lequel Billie Joe a eu un pétage de câble sur scène qui l’avait contraint à entrer en rehab. Le plus grand groupe de punk-rock au monde sort un nouvel album. Juste comme ça, ce qu’on avait bien vu manquer au rock revient en force.
Mais Revolution Radio ne se contente pas de nous délivrer des chansons à 3 accords avec des paroles pleines de sagesse sur un air de punk. C’est Green Day qui redécouvrent leur essence, comme si on leur avait dit qu’il ne leur restait plus qu’un jour à vivre. Le premier single « Bang Bang » détonne avec un refrain à la Dookie. La reste de l’album garde la même énergie, comme le titre qui ouvre l’album « Somewhere Now » (« I put the riot in patriot« ), le nostalgique « Outlaws » ou encore « Youngblood » avec son jubilant « Fuck You, I’m from Oakland« . C’est du Green Day classique.
Contrairement aux disques précédents qui s’étalaient en longueur, Revolution Radio délivre 45 minutes intenses. Le groupe se recentre et nous offre sa meilleure performance Green Day-esque depuis American Idiot. Et l’album ne pouvait pas mieux tomber, dans un monde chaotique où nous avons les yeux rivés sur le plus grand idiot américain Donald Trump, le terrorisme, les fusillades, et le racisme au sein des forces de police aux USA.
Il s’agit du plus grand groupe de punk rock qui rappelle à tout le monde pourquoi il est là. Il s’agit d’un retour de Green Day en pleine forme. Il s’agit de Green Day, revitalisé.

Aujourd’hui, la revitalisation passe par le groupe lui-même. Dans une chambre d’hôtel surplombant un terrain de golf dans l’Orange County, proche de l’Océan Pacifique où le groupe aime faire du surf, tout le monde a l’air surexcité, et content de revenir. Tandis que Tré Cool ajuste la clim et que Mike prépare du café pour tout le monde, le trio ressemble à une fratrie. Il est indéniable que BJ, Mike et Tré ne pourraient se passer les uns des autres. Ils ont aussi un nouveau dynamisme, et BJ a de nouvelle étoiles dans les yeux.
« L’album a été fait comme il fallait. Entre amis.« , sourit BJ.
« Je crois que Tré n’a jamais aussi bien joué, félicite Mike en souriant. J’ai vraiment adoré joué avec mon groupe, et tout balancer avec eux. »
« Oui, les parties de Tré sont les meilleures qu’il ait jamais faites, et c’était génial de le voir jouer », continue BJ. « Ca sonnait très bien dans le studio, je crois vraiment que c’est un nouveau départ pour nous. »

Et un nouveau départ, le groupe en avait bien besoin. Après l’incident d’iHeartRadio, et les tournées qui ont suivi, Green Day avait besoin d’un break. Depuis qu’ils ont emmené leur punk dans les stades du monde entier, ils n’avaient jamais vraiment arrêté.

« Je pense qu’on avait besoin de faire une longue pause, et de ne rien faire pendant un petit moment. » explique BJ. « Sur les derniers albums, je ne sais pas, j’étais assez agité. C’était assez obscur dans ma tête, je ne me souviens pas de tout. C’était bien malgré tout, on a fait de bonnes chansons, mais… Voilà, on a fait une pause. On a pris le repos dont on avait besoin. »
Mike continue: « On ne se pose jamais, même quand on est chez nous. Il nous a donc fallu du temps pour vraiment rester tranquilles et apprécier le fait de ne rien faire. Je crois qu’avant, on faisait semblant de se poser. On n’a jamais vraiment arrêté. Là c’était la première fois qu’on s’est complètement relâchés, et on voulait se redonner envie de revenir pour jouer et partir en tournée. »

« C’était… différent de passer de jouer dans des stades à sortir ses poubelles », plaisante BJ. « C’est complètement différent mais ça a fait du bien d’être chez nous à Oakland. »
Cette période a permis aux membres de Green Day de recharger leurs batteries et de se concentrer sur leurs vies, loin du groupe. Et à part sortir les poubelles, BJ voulait mener une vie d’homme normal.
« Je suis sorti et j’ai trouvé cette vieille Ford Falcon qui datait de 1962, j’avais envie de la retaper. Tous les jours, je passais du temps dans le garage pour bosser dessus. Ca m’a fait saigner, ça m’a bien pris la tête par moment, mais c’était fun. Puis j’ai pris du temps avec ma famille, j’ai vu mes fils grandir et devenir des jeunes hommes. Je suis resté avec ma femme pour la regarder bosser sur ses projets, sur Project Chimps ou la NRDC. C’était sympa. »
Pendant ce temps là, Tré s’est marié, et Mike a dû faire face à une pause plus sérieuse.
« Pendant un petit moment j’ai tout mis de côté, parce que ma femme suivait un traitement contre le cancer du sein. Ca a duré 8-9 mois, et on est bien content de s’en être sortis. Et personne ne peut être plus heureux que ma femme de nous voir de retour! »
Les membres de Green Day se sont donc fait très silencieux, même s’ils ont quand même participé à quelques événements ponctuels, comme au Rock & Roll Hall of Fame et un show caricatif au Gilman Street (« On est passés de l’un à l’autre, tu parles d’une boucle à boucler« , sourit BJ). Malgré tout, comme depuis ses 14 ans, BJ n’a pas cessé de composer. Pas forcément pour un album ou des chansons à faire écouter, mais juste des chansons. Puis un jour, il était temps.

« On a senti à quel moment il était temps de revenir. J’ai écrit « Bang Bang » et « Somewhere Now » et là j’ai senti que ça allait quelque part. » explique BJ.
« L’énergie était là, raconte Mike. Je crois que c’est ça le truc. On a pris une bonne pause et on était prêt à faire de la musique. BJ m’a appelé pour me dire qu’il avait des compos et on s’est dit qu’on se tenait au courant pour se retrouver quelque part et jouer ensemble. »
Ce quelque part, c’est le studio de BJ, Otis. C’est là-bas que Green Day a commencé à travailler sur les chansons qui se trouvent sur Revolution Radio, et qu’ils se sont re-découverts.
« On ne savait même pas comment ça allait marcher, parce que le studio était vraiment tout petit« , explique BJ. « Mais on s’est posés là, on a enregistré la première chanson et on s’est dit que ça sonnait bien. Je pense qu’on s’est servis de toutes les expériences qu’on a pu avoir. Que ce soit jouer à l’Emirates Stadium, au Gilman, ou n’importe quel show qu’on a fait, en plus de notre pause et des événements personnels qu’on a connus. Ca nous construit, ça nous donne de l’instinct dont on s’est servis pour cet album. On sait ce qu’on fait maintenant! »
BJ compare ça à la création de leur album « Kerplunk » en 1992. « Mais avec beaucoup plus de temps« . Le groupe a auto-produit l’album. Mike, pour la première fois, a pris des leçons de basse qui lui ont permis de trouver de nouvelles façons de jouer. Tré Cool a même réglé lui-même sa batterie en studio. « Je n’avais pas fait ça depuis Dookie! J’avais toujours un technicien avec moi qui m’aidait à installer ma batterie. Mais là j’ai tout repris de zéro. C’est comme quand on fait son propre pain, on ne va pas prendre une pâte déjà faite, on fait tout nous même. C’était cool. »
BJ ajoute « C’était vraiment fun, on s’est amusés. Il y avait cette énergie du groupe de potes qui joue ensemble. Personne d’autre. C’était juste nous qui faisions un album ensemble. C’était simple. Il y a des groupes qui ont des compositeurs, des producteurs qui en font trop, et ça peut fausser tout le processus au final. On s’est simplement dit « Soyons juste Green Day, putain ». »

Et c’est bien du putain de Green Day. Sur ces 45 minutes, on trouve des références à toute la carrière du groupe. L’arrogance de Kerplunk, l’effervescence de Dookie, la sagesse de Nimrod. Mais le monde dans lequel est plongé Revolution Radio est unique, et n’a même rien à voir avec la période polémique anti-Bush d’American Idiot. Cela emmène l’album dans des parties sombres qui reflètent le monde actuel.
« Bang Bang » évoque la culture des armes aux USA et ceux qui sont mentalement atteints. Ca aurait pu se passer à la période de Basket Case », raconte BJ. « Ca parle du gamin qui a commis une fusillade à Santa Barbara en 2014. Je ne veux pas utiliser cet événement pour foutre en l’air les familles. Mais quand j’ai vu qu’il avait mis en ligne ses revendications sur Facebook ou autre réseau social, qu’il était narcissique à ce point avec son comportement psychopathe…. Il disait que les filles ne l’aimaient pas et qu’il allait se venger. Je me suis dit « Putain mais c’est vraiment un psychopathe. » C’était il y a 2 ans, donc bien avant les élections, mais c’est encore d’actualité avec Donald Trump. On continue d’avoir cette culture des armes et il y a toujours des fusillades. Maintenant on voit des flics tirer sur des noirs, et des psychopathes qui tirent sur des flics. On se croirait dans Batman. Les médias n’aident pas non plus, donc ce que j’ai écrit il y a deux ans était une métaphore, mais c’est devenu la réalité. On dirait que ça prédisait le futur. »
Sur « Say Goodbye », il chante « Teach your children well from the bottom of the wall« . (« Apprends à tes enfants depuis le bas du mur »)
« Je pense à la ville de Flint dans le Michigan, comment on met les gens dans des situations désespérées, ils essaient de s’en sortir mais leur gouvernement local est corrompu, donc il n’y a aucune aide. Ils vont juste sauver leur propre peau et c’est tout. Comment on peut éduquer des gens qui sont en train de crever de faim? Il n’y a que des crises, ça en donne mal à la tête. La chanson parle de ça. »
Bien que les paroles de la plupart des chansons aient été écrites bien avant que Trump ait la possibilité d’accéder à la Maison Blanche, le groupe explique que les thèmes d’inquiétude dans un monde violent peuvent parfaitement être utilisés en ce moment. Inutile de préciser que les membres du groupe ne sont pas fans de Trump.

« Le pire chez Trump, ce sont les gens qui le suivent. Je me sens mal pour eux, parce qu’ils font partie d’une classe assez pauvre. Ils sont en colère et ils s’accrochent à sa haine. Il leur dit qu’ils n’ont pas d’autres choix et qu’il est le seul à pouvoir les sortir de là. C’est ce qu’Hitler disait putain! Je ne vois pas d’autres explications. J’aimerais bien dire que j’exagère. Peut-être que parfois j’exagère avec Bush. Mais Trump, j’ai vraiment hâte qu’il se casse. »
Ceci étant dit, Revolution Radio n’est pas simplement American Idiot version 2016, ou comme Tré le dit: « Avant on était choqués quand il y avait une fusillade. Maintenant, on se réveille en se demandant combien il y en a eu ».
On retrouve aussi des chansons sur la jeunesse libérée, mais aussi des titres qui évoquent la guérison de BJ.
« Il y a des choses personnelles, comme sur « Still Breathing », qui parle des problèmes d’addictions à la drogue. Sur les gens qui se sentent désespérés, qui vivent au jour le jour, surtout dans le monde actuel. Est-ce que ça m’a fait du bien de poser mes émotions dans une chanson ? Oui, bien sûr. J’étais dans un état d’esprit assez clair pendant toute la composition. Ca a fait du bien »

Et maintenant que la machine est prête à repartir, le « du bien » se transforme en « trop hâte », le groupe s’apprêtant à faire son retour.
« Je sens qu’il y a pas mal d’attente, je me sens surexcité, mais aussi un peu nerveux. » explique BJ, sur les prochains mois qui les séparent de la sortie de l’album. « Mais c’est un bon cocktail d’émotions où on a beaucoup de motivation. On a tellement hâte de repartir en tournée, ça fait tellement longtemps. On est heureux, et on adore le nouvel album. C’est bon, c’est le Green Day à son apogée, et je ne vois pas d’autres façons de le dire. »
Mike approuve: « Cet album, dans toutes ces parties, j’ai l’impression qu’il y a un gamin qui fait du air guitar dessus. J’ai hâte de repartir en tournée, de voir des visages familiers, et de tout déchirer. »
Tré ajoute: « J’ai hâte qu’on repasse du temps dans le bus, de faire les soundchecks, les interviews et tout. Ca me manque vraiment de partir en tournée, et j’ai hâte de donner des concerts, et de vivre tout ce qu’il y a entre les shows. C’est un super mode de vie. »

Et cette excitation autour de l’album est contagieuse. Lorsque le groupe en parle, on peut ressentir une grande énergie dans la pièce. Malgré les quelques côtés sombres qu’on retrouve sur l’album, les membres de Green Day n’ont jamais été aussi heureux. C’est notamment dû à leur pause, qui leur a permis de prendre du recul par rapport à tout ce qu’ils ont fait.
« On a beaucoup de reconnaissance, explique BJ. Ca fait du bien parfois d’avoir un peu de nostalgie et de prendre du recul sur ce qu’on fait, sans tomber dans l’extrême. Quand on repense au Rock & Roll Hall of Fame, on a partagé tout ça avec nos familles, mais aussi avec nos amis et des groupes qui nous suivent depuis nos débuts, comme Operation Ivy, Tim Armstrong, Aaron Cometbus. Notre ancien batteur John Kiffmeyer aussi. C’était génial de pouvoir avoir ce recul et de pouvoir partager ça. Avec nos fans aussi… »

« Après le Rock & Roll Hall of Fame, il y avait vraiment ce sentiment de gratitude, et je pense que c’est parce qu’on ne s’était jamais vraiment posés, après toutes ces années, pour prendre le temps de voir ce qu’on avait fait » raconte Mike. « On a toujours bossé, en allant de l’avant. On restait toujours dans le présent, on rentrait de tournée et on se mettait à faire des répéts 4 à 6 jours par semaine. Donc là on a enfin tout arrêté et on a regardé en arrière. Et on s’est dit « Putain, on a fait beaucoup de trucs! ». Et je suis tellement heureux que malgré tout le chaos qu’on ait pu rencontrer dans nos vies et dans le monde, j’ai ces deux mecs à mes côtés avec qui je peux jouer et créer des choses incroyables. Rien que pour ça, j’ai de quoi être reconnaissant. »

« On n’avait jamais eu vraiment l’occasion de faire un album avec cet état d’esprit là« , conclue BJ, « Et ensemble, on va tout faire péter. »

Et juste comme ça, Green Day est de retour. Renouvelés, rafraîchis, et prêts à conquérir le monde une nouvelle fois.