Interview de Billie Joe à propos des nouveaux albums


Rolling Stone.
Selon toi, qu’est ce que Green Day avait besoin de faire après American Idiot et 21st Century Breakdown ? Vous ne pouviez pas faire de punk opéra 3 fois de suite.
Les gens me posent tout le temps la question. Même mon fils m’a demandé « Papa, est-ce qu’un jour vous allez refaire des chansons comme à l’époque de Dookie et Kerplunk? ». J’adore ces albums. J’adore tout le côté punk avec lequel j’ai grandi. Mais il y a tellement de groupes qui font l’erreur de revenir en arrière. Comme si c’était tout ce qu’on sait faire. On l’a déjà fait. Alors on change le son des guitares. On ne va pas utiliser de grand ampli Marshall. On voulait quelque chose de plus énergique, plus power pop, quelque chose entre AC/DC et les Beatles à leurs débuts.

Dans les quelques morceaux que j’ai pu écouter il y a une densité différente par rapport aux deux précédents albums. Il n’y a pas beaucoup de parties en plus, mais les chansons ont une dimension nouvelle et quelque chose de plus direct.
Les deux derniers disques étaient des albums studios. Cette fois, on a répété tous les jours, en créeant ces chansons ensemble. On jouait ces chansons entre nous, on partageait nos idées. Quand vous écoutez le résultat, ça a l’air grandiose. Mais ça sonne surtout comme un groupe de garage.

Quand est-ce que vous vous êtes rendu compte que vous aviez besoin de plus qu’un seul album ?
On n’arrêtait pas de composer des chansons. Je me suis dit « Et si on faisait un double album? Non, ça ferait trop de nos jours. » Puis on a eu encore plus de chansons. Un jour, j’ai dit aux autres « Au lieu d’un Van Halen I, II et III, et si on avait un Green Day I, II et III et on aurait nos têtes sur chaque pochette ? »

Comme les albums de Kiss.
Oui j’ai déjà entendu parler de ça. [Rires] Le dernier album était trop sérieux. On voulait faire des choses plus amusantes.

Il y a une chanson dans Dos!, « Fuck Time », qui date de quand la comédie musicale American Idiot a débarqué à Broadway.
Un de mecs de la troupe, Theo Stockman, a commencé à se proclamer « King of Fuck ». Puis il y a cette tradition de se mettre tous en cercle, de mettre ses mains au milieu de de crier un truc, nous on disait « One, two, three, it’s fuck time! » Et j’ai écrit la chanson. On l’a jouée lors d’un show des Foxboro Hot Tubs à New York parce qu’on savait qu’il y avait les gens de la troupe. Puis on a fini par la jouer une dizaine de fois d’affilée. On a pensé que ça resterait toujours une chanson des Foxboro. Puis plus on la jouait, plus on se disait « Elle est bien quand même. Peut-être qu’on devrait la donner à Green Day? »

Il y a une chanson dans Uno! « Kill The DJ » qui est une vraie chanson dansante. C’est sans rappeler les Clash et les quelques beats hip hop qu’on retrouve dans leur album Sandinista!
Mike m’a demandé de composer une chanson avec un rythme de ce style là. Je n’avais encore jamais fait ça. C’est comme Sandinista, « Sex & Drugs & Rock & Roll » de Ian Dury et « Genius of Love » de Tom Tom Club. On voulait trouver une façon de faire une chanson dansante sans pour autant devenir un groupe dansant.

Qui est le DJ que vous voulez tuer?
C’est la radio et la tv en général.

Ces gens à la tv et à la radio qui parlent sans arrêt d’eux même ?
Oui, et tout ce qu’il y a au milieu. Comme ce gouvernement qui ne peut pas et ne pourra jamais trouver de compromis. Ils refusent de faire marcher les choses. Que ce soit à droite ou à gauche, peu importe. C’est hallucinant et rageant. Cette chanson parle d’être bourré, de faire face à ce chaos, se sentir foutu et t’as juste envie d’être encore plus bourré: « Je n’ai plus envie d’en savoir plus ».

« 99 Revolutions » sur Tré! parle de ces manifestations l’automne dernier, l’Occupy Protest. Est-ce que vous avez été à ces manifestations à Oakland ?
Hum, oui et non.

C’est à dire ?
On voulait en faire partie d’une certaine façon. Je pensais que c’était à propos des travailleurs et de là où on vient. Mais à Oakland c’est devenu assez compliqué avec les anarchistes qui ont commencé à arriver. Et ce n’est pas mon truc, de casser les vitres d’une petite entreprise.

Es-tu à 99% ou 1%? (termes faisant référence au mouvement social évoqué dans la question précédente)
Je me sens à 99% mais techniquement je suis à 1%. C’était une chanson facile à écrire. Je sais que je viens d’un milieu où on est à 99%, même si j’ai les moyens d’envoyer mes fils dans de bonnes universités. C’est intéressant: les flics sont à 99%. Les pompiers à 99%. Et c’est là où les anarchistes sont confus. C’est bien plus général que ce qu’on pense.

Dans votre contrat, ces albums comptent comme un, ou trois ?
Un. Croyez moi, on a posé la question. [Rires] Mais on ne s’est pas trop pris la tête. Ca a été. La maison de disque a été cool, et ravie. Les gens sont souvent rebutés à l’idée de ne pas créer quelque chose de nouveau et créatif et finissent par faire un simple album. Et nous on s’est dit « On va faire le contraire, on va faire quelque chose de dangereux et d’amusant. »

Un commentaire sur “Interview de Billie Joe à propos des nouveaux albums”

  1. Jo dit:

    Merci beaucoup pour la traduc’ !
    Green Day en veut et ce triple album va envoyer du gras!

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