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Infos sur les chansons de RevRad

septembre 22nd, 2016

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A 2 semaines de la sortie du nouvel album « Revolution Radio », les membres de Green Day révèlent l’inspiration derrière les morceaux qui le composent!

1. « Somewhere Now »

Le titre qui ouvre l’album alterne entre des sons rêveurs proches d’interludes acoustiques et des explosions dans le style des Who. Tré Cool considère que ses parties à la batterie sur ce morceau sont les meilleures qu’il ait jamais faites. Billie Joe annonce dans la première phrase « I’m running late to somewhere now that I don’t want to be » (« Je suis en retard quelque part à présent où je n’en ai pas envie »). A propos de la chanson, BJ déclare « C’est l’introduction que je préfère parmi tous nos albums. Je trouve qu’on s’y retrouve vraiment, qu’on l’écoute en partant au boulot, ou en allant chez le dentiste. » D’autres paroles: « How did life on the wild side get so dull » (« Comment est-ce que la vie du côté sauvage est-elle devenue si ennuyeuse? ») font écho aux épreuves qu’à traversées BJ après sa cure de désintox: « Comment est-ce qu’on arrive à faire face à soi-même? Avant, quand je me posais cette question, je me prenais une bière. Maintenant, il faut que j’apprenne à respirer un peu plus. Je n’ai jamais su gérer l’ennui. Je n’ai jamais su quoi faire quand je me retrouve seul. »

2. « Bang Bang »

La chanson la plus rapide et la plus agressive de l’album est aussi le premier single, et le premier morceau qu’a écrite BJ pour cet opus. « Ca a fait du bien d’avoir une chanson comme celle-ci qui s’est écrite naturellement. C’est une des meilleures chansons punk que j’ai jamais composées. C’est arrivé comme ça. Je n’ai pas trop réfléchi. Je l’ai montrée aux mecs. Je leur ai dit que ça sonnait comme du Green Day. Mike et Tré étaient étonnés. » Sur ce titre, BJ chante en prenant le point de vue d’un tueur de masse. « C’était vraiment flippant quand je me suis mis dans la tête du personnage. J’ai commencé à me sentir mal. »

3. « Revolution Radio »

« Give me cherry bombs and gasoline! » (« Donnez-moi des bombes et de l’essence« ) BJ chante sur ce titre. Cette idée lui est venue à New York il y a deux ans quand il est tombé sur une manifestation « Black Lives Matter ». Très vite, BJ est sorti de sa voiture pour rejoindre la protestation sur la Huitième Avenue. « Je gueulais ‘Les mains en l’air, ne tirez pas’ et j’avais l’impression d’être du bon côté de l’Histoire…Quelque chose se passait. Beaucoup de vieilles personnes meurent et les valeurs portées par les années 50 se perdent, et ce qui s’est passé dans les années 60 se manifestent maintenant plus que jamais. »

4. « Say Goodbye »

Quand BJ a composé ce morceau, c’était en réaction face aux images qui montraient les véhicules militaires dans les rues de Ferguson, Missouri. « Je me suis dit, mais merde, quand quel pays est-ce que je vis? En quoi est-ce c’est différent par rapport au Printemps Arabe?« . Une des paroles, « Teach your children well from the bottom of the well » (« Eduque bien tes enfants du fond du puit« ) est une référence directe à des événements actuels « Je pense à Flint, dans le Michigan, où les gens essayent d’éduquer leurs enfants alors qu’ils sont en train de boire des trucs toxiques. Tu ne peux pas éduquer les enfants s’ils sont dans une situation aussi désespérée ».

5. « Outlaws »

Un morceau mélancolique et intense qui fait écho à la jeunesse punk du trio « When we were outlaws/when we were forever young » (« Quand nous étions hors la loi/Quand nous étions jeunes pour toujours »). BJ explique « Je me sentais nostalgique, je me suis souvenu de l’époque où Mike et moi nous forcions les voitures des gens pour voler des cassettes, des briquets et des merdes comme ça« . Le groupe considère ce titre comme une sorte de suite à leur chanson « Christie Road » sortie en 1992 qui relatait aussi cette période du groupe.
6. « Bouncing off the Wall »

Premièrement intitulée « Concrete Dream », et un des derniers titres à être ajouté à cet album, cette chanson un côté assez fun: « It’s all that I want and I want to be free » (« C’est tout ce que je veux, et je veux être libre ») chante BJ. « Got Satan riding next to me/’Cause we’re all bloody freaks/And we’ll give you the creeps/Chasing fireflies and zeroes. » (« J’ai Satan qui me poursuit/Parce qu’on est tous des fous/Et on vous fera peur/En chassant les lucioles et les ratés »)

7. « Still Breathing »

Un junkie sur le point de mourir, un parieur qui s’apprête à tout perdre, et un soldat blessé en première ligne. Voici les personnages que l’on retrouve sur ce titre troublant. « C’était une chanson assez lourde. Parfois, je fuis cette lourdeur. Mais parfois, ça vient comme ça. » Le refrain « I’m still breathing on my own » (« Je respire encore tout seul ») fait référence au fait « qu’un moment donné, on va tous se retrouver en réanimation. Plus le temps passe, plus nos pensées deviennent sombres. »

8. « Youngblood »

Cette chanson power pop est dédiée à la femme de BJ, Adrienne, avec qui il est marié depuis 22 ans. « I want to hold you like a gun/We’ll shoot the moon into the sun. » (« J’ai envie de te tenir comme un flingue/On tirera sur la Lune dans le Soleil »). BJ explique « C’est facile d’écrire à son sujet parce qu’elle est géniale. ». La chanson s’achève avec la punchline « Are you broken/Like I’m broken/Are you restless?/She said, « Fuck you, I’m from Oakland! » (« Es-tu brisée/Comme je le suis/Es-tu agitée?/Elle me répond « va te faire foutre, je viens d’Oakland! »)

9. « Too Dumb to Die »

Après une intro assez grave, la chanson part dans une mélodie avec des accords progressifs, qu’on aurait pu retrouver sur « Dookie », mélangés avec des paroles autobiographiques. BJ chante « I was a high school atom bomb, going off on the weekends/ Smoking dope and mowing lawns/And I hated all the new trends … I’m hanging on a dream that’s too dumb to die. » (« J’étais une bombe atomique au lycée, j’explosais les weekends/Je fumais et je tondais les pelouses/Et je détestais les trucs à la mode… je m’accroche à un rêve qui est trop stupide pour disparaître »)
10. « Troubled Times »

Un titre résolument rock qui montre les USA au bord du désastre, plein de problèmes raciaux et d’inégalités économiques. BJ raconte « J’aimerais tellement dire que la phrase « We live in troubled times » (« On vit dans un monde chaotique ») est cliqué, mais ce n’est pas le cas. Trump s’en prend à la peur des gens, à leur colère et à leur désespoir… »

11. « Forever Now »

C’est le morceau le plus ambitieux de l’album, qui dure près de 7 minutes. On y retrouve un mini opéra rock, plusieurs chansons en une, dont une reprise du premier titre « Somewhere Now ». Pour BJ:  » « Forever Now » est un retour à la case départ, et c’est tellement amusant d’écrire comme ça. Tu peux te sentir comme un gosse dans sa chambre, quand tu te prends pour le Dieu du rock. » La chanson commence avec « My name is Billie and I’m freaking out » (« Mon nom est Billie et je pète un câble. »), phrase qui est la plus honnête qu’il ait jamais écrite selon lui. Le titre se termine avec  « I ain’t gonna stand in line no more » (« Je ne vais pas me plier aux règles »). BJ explique: « Ca ressemble à un slogan de manifestation. Genre, je ne vais pas accepter ce status quo, ou je ne veux pas me faire manipuler. Qu’est ce qu’on veut? De la justice. Quand? Maintenant.« . C’est en fait trois chansons que BJ a lié ensemble. « C’était assez difficile. Mais à la fin, quand on en vient à ce grand refrain où tout s’entremêle et qu’on part sur ce riff, c’était juste magnifique. »
Tré Cool ajoute « Cette chanson a été modifiée tellement de fois. Mais ce qui est bien, c’est que Billie n’a rien forcé. Il a juste laissé faire les choses et a essayé plein de trucs différents. Et puis on en est arrivé à ce moment où on s’est dit que c’était la bonne. Et c’était génial. Ca nous a tous filé la chair de poule. »

12. « Ordinary World »

BJ a composé cette balade pour son film, qui porte le même nom, où il joue le rôle d’un rockeur qui a raté sa carrière. Le réalisateur du film lui a demandé de composer une chanson que le personnage aurait pu écrire sur sa vie. Cela lui a pris plusieurs essais, mais finalement, le titre final était tellement puissant pour BJ qu’il a décidé de l’intégrer à l’album de Green Day. La phrase finale donne à l’album une touche positive « Baby I don’t have much/but what we have is more than enough/Ordinary World » (« Chéri, je n’ai pas grand chose/mais ce qu’on a est amplement suffisant/Un monde normal »)

 

Green Day en couverture de Rolling Stone

septembre 7th, 2016

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Nouvel article sur Green Day, cette fois pour le magazine Rolling Stone. Encore une fois, le groupe revient sur ces 4 dernières années qui les ont amené à « Revolution Radio ».

Cet article évoque plus particulièrement les problèmes d’alcool qu’a rencontrés Billie Joe, notamment son pétage de câble au concert iHeartRadio en 2012. Pour ceux qui ne s’en souviendraient pas, la vidéo est ici.

« Honnêtement, je suis incapable de me souvenir de ce que j’ai dit ce soir-là« , raconte Billie Joe. Mike était d’accord avec ce que disait Billie Joe, « Mais là où je n’étais pas d’accord, c’était de voir mon ami péter un câble. Là, ça allait trop loin. Et il ne s’en rendait même pas encore compte. Je lui ai dit que pour l’instant il fallait qu’on arrête, qu’il le reconnaisse, que je n’avais plus envie de jouer avec lui tant qu’il n’allait pas se faire soigner. » Et pendant que Billie Joe était en cure, Mike lui envoyait des lettres d’encouragement mais qui étaient aussi sèches, comme par exemple: « Si on s’en sort et qu’on se remet ensemble, il faut qu’on soit plus forts que jamais, sinon ça n’est pas la peine de continuer. »

BJ est maintenant sobre, et s’il ne l’était pas devenu: « Je ne sais même pas si je serais encore là« .

Billie Joe explique qu’il est devenu sobre assez naturellement. Ca ne le dérange pas si les autres membres du groupe boivent devant lui. Il apprend même à profiter de chaque journée, même quand il ne se passe rien de spécial. Il se réveille, va promener ses 4 chiens (« Mojo, Mickey, Rocky et Cleo, on dirait un groupe de musique dit comme ça »), traîne dans son magasin de guitare à Oakland (Broken Guitars), va dans son studio, rentre pour aller dîner et « je regarde Game of Thrones comme tout le monde« .

 

Kerrang – Août 2016

août 17th, 2016

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Scans.

Et juste comme ça, Green Day est de retour. 4 ans après la trilogie, 3 ans après leur dernier concert au Royaume-Uni, et un bail depuis l’incident du show de iHeartRadio pendant lequel Billie Joe a eu un pétage de câble sur scène qui l’avait contraint à entrer en rehab. Le plus grand groupe de punk-rock au monde sort un nouvel album. Juste comme ça, ce qu’on avait bien vu manquer au rock revient en force.
Mais Revolution Radio ne se contente pas de nous délivrer des chansons à 3 accords avec des paroles pleines de sagesse sur un air de punk. C’est Green Day qui redécouvrent leur essence, comme si on leur avait dit qu’il ne leur restait plus qu’un jour à vivre. Le premier single « Bang Bang » détonne avec un refrain à la Dookie. La reste de l’album garde la même énergie, comme le titre qui ouvre l’album « Somewhere Now » (« I put the riot in patriot« ), le nostalgique « Outlaws » ou encore « Youngblood » avec son jubilant « Fuck You, I’m from Oakland« . C’est du Green Day classique.
Contrairement aux disques précédents qui s’étalaient en longueur, Revolution Radio délivre 45 minutes intenses. Le groupe se recentre et nous offre sa meilleure performance Green Day-esque depuis American Idiot. Et l’album ne pouvait pas mieux tomber, dans un monde chaotique où nous avons les yeux rivés sur le plus grand idiot américain Donald Trump, le terrorisme, les fusillades, et le racisme au sein des forces de police aux USA.
Il s’agit du plus grand groupe de punk rock qui rappelle à tout le monde pourquoi il est là. Il s’agit d’un retour de Green Day en pleine forme. Il s’agit de Green Day, revitalisé.

Aujourd’hui, la revitalisation passe par le groupe lui-même. Dans une chambre d’hôtel surplombant un terrain de golf dans l’Orange County, proche de l’Océan Pacifique où le groupe aime faire du surf, tout le monde a l’air surexcité, et content de revenir. Tandis que Tré Cool ajuste la clim et que Mike prépare du café pour tout le monde, le trio ressemble à une fratrie. Il est indéniable que BJ, Mike et Tré ne pourraient se passer les uns des autres. Ils ont aussi un nouveau dynamisme, et BJ a de nouvelle étoiles dans les yeux.
« L’album a été fait comme il fallait. Entre amis.« , sourit BJ.
« Je crois que Tré n’a jamais aussi bien joué, félicite Mike en souriant. J’ai vraiment adoré joué avec mon groupe, et tout balancer avec eux. »
« Oui, les parties de Tré sont les meilleures qu’il ait jamais faites, et c’était génial de le voir jouer », continue BJ. « Ca sonnait très bien dans le studio, je crois vraiment que c’est un nouveau départ pour nous. »

Et un nouveau départ, le groupe en avait bien besoin. Après l’incident d’iHeartRadio, et les tournées qui ont suivi, Green Day avait besoin d’un break. Depuis qu’ils ont emmené leur punk dans les stades du monde entier, ils n’avaient jamais vraiment arrêté.

« Je pense qu’on avait besoin de faire une longue pause, et de ne rien faire pendant un petit moment. » explique BJ. « Sur les derniers albums, je ne sais pas, j’étais assez agité. C’était assez obscur dans ma tête, je ne me souviens pas de tout. C’était bien malgré tout, on a fait de bonnes chansons, mais… Voilà, on a fait une pause. On a pris le repos dont on avait besoin. »
Mike continue: « On ne se pose jamais, même quand on est chez nous. Il nous a donc fallu du temps pour vraiment rester tranquilles et apprécier le fait de ne rien faire. Je crois qu’avant, on faisait semblant de se poser. On n’a jamais vraiment arrêté. Là c’était la première fois qu’on s’est complètement relâchés, et on voulait se redonner envie de revenir pour jouer et partir en tournée. »

« C’était… différent de passer de jouer dans des stades à sortir ses poubelles », plaisante BJ. « C’est complètement différent mais ça a fait du bien d’être chez nous à Oakland. »
Cette période a permis aux membres de Green Day de recharger leurs batteries et de se concentrer sur leurs vies, loin du groupe. Et à part sortir les poubelles, BJ voulait mener une vie d’homme normal.
« Je suis sorti et j’ai trouvé cette vieille Ford Falcon qui datait de 1962, j’avais envie de la retaper. Tous les jours, je passais du temps dans le garage pour bosser dessus. Ca m’a fait saigner, ça m’a bien pris la tête par moment, mais c’était fun. Puis j’ai pris du temps avec ma famille, j’ai vu mes fils grandir et devenir des jeunes hommes. Je suis resté avec ma femme pour la regarder bosser sur ses projets, sur Project Chimps ou la NRDC. C’était sympa. »
Pendant ce temps là, Tré s’est marié, et Mike a dû faire face à une pause plus sérieuse.
« Pendant un petit moment j’ai tout mis de côté, parce que ma femme suivait un traitement contre le cancer du sein. Ca a duré 8-9 mois, et on est bien content de s’en être sortis. Et personne ne peut être plus heureux que ma femme de nous voir de retour! »
Les membres de Green Day se sont donc fait très silencieux, même s’ils ont quand même participé à quelques événements ponctuels, comme au Rock & Roll Hall of Fame et un show caricatif au Gilman Street (« On est passés de l’un à l’autre, tu parles d’une boucle à boucler« , sourit BJ). Malgré tout, comme depuis ses 14 ans, BJ n’a pas cessé de composer. Pas forcément pour un album ou des chansons à faire écouter, mais juste des chansons. Puis un jour, il était temps.

« On a senti à quel moment il était temps de revenir. J’ai écrit « Bang Bang » et « Somewhere Now » et là j’ai senti que ça allait quelque part. » explique BJ.
« L’énergie était là, raconte Mike. Je crois que c’est ça le truc. On a pris une bonne pause et on était prêt à faire de la musique. BJ m’a appelé pour me dire qu’il avait des compos et on s’est dit qu’on se tenait au courant pour se retrouver quelque part et jouer ensemble. »
Ce quelque part, c’est le studio de BJ, Otis. C’est là-bas que Green Day a commencé à travailler sur les chansons qui se trouvent sur Revolution Radio, et qu’ils se sont re-découverts.
« On ne savait même pas comment ça allait marcher, parce que le studio était vraiment tout petit« , explique BJ. « Mais on s’est posés là, on a enregistré la première chanson et on s’est dit que ça sonnait bien. Je pense qu’on s’est servis de toutes les expériences qu’on a pu avoir. Que ce soit jouer à l’Emirates Stadium, au Gilman, ou n’importe quel show qu’on a fait, en plus de notre pause et des événements personnels qu’on a connus. Ca nous construit, ça nous donne de l’instinct dont on s’est servis pour cet album. On sait ce qu’on fait maintenant! »
BJ compare ça à la création de leur album « Kerplunk » en 1992. « Mais avec beaucoup plus de temps« . Le groupe a auto-produit l’album. Mike, pour la première fois, a pris des leçons de basse qui lui ont permis de trouver de nouvelles façons de jouer. Tré Cool a même réglé lui-même sa batterie en studio. « Je n’avais pas fait ça depuis Dookie! J’avais toujours un technicien avec moi qui m’aidait à installer ma batterie. Mais là j’ai tout repris de zéro. C’est comme quand on fait son propre pain, on ne va pas prendre une pâte déjà faite, on fait tout nous même. C’était cool. »
BJ ajoute « C’était vraiment fun, on s’est amusés. Il y avait cette énergie du groupe de potes qui joue ensemble. Personne d’autre. C’était juste nous qui faisions un album ensemble. C’était simple. Il y a des groupes qui ont des compositeurs, des producteurs qui en font trop, et ça peut fausser tout le processus au final. On s’est simplement dit « Soyons juste Green Day, putain ». »

Et c’est bien du putain de Green Day. Sur ces 45 minutes, on trouve des références à toute la carrière du groupe. L’arrogance de Kerplunk, l’effervescence de Dookie, la sagesse de Nimrod. Mais le monde dans lequel est plongé Revolution Radio est unique, et n’a même rien à voir avec la période polémique anti-Bush d’American Idiot. Cela emmène l’album dans des parties sombres qui reflètent le monde actuel.
« Bang Bang » évoque la culture des armes aux USA et ceux qui sont mentalement atteints. Ca aurait pu se passer à la période de Basket Case », raconte BJ. « Ca parle du gamin qui a commis une fusillade à Santa Barbara en 2014. Je ne veux pas utiliser cet événement pour foutre en l’air les familles. Mais quand j’ai vu qu’il avait mis en ligne ses revendications sur Facebook ou autre réseau social, qu’il était narcissique à ce point avec son comportement psychopathe…. Il disait que les filles ne l’aimaient pas et qu’il allait se venger. Je me suis dit « Putain mais c’est vraiment un psychopathe. » C’était il y a 2 ans, donc bien avant les élections, mais c’est encore d’actualité avec Donald Trump. On continue d’avoir cette culture des armes et il y a toujours des fusillades. Maintenant on voit des flics tirer sur des noirs, et des psychopathes qui tirent sur des flics. On se croirait dans Batman. Les médias n’aident pas non plus, donc ce que j’ai écrit il y a deux ans était une métaphore, mais c’est devenu la réalité. On dirait que ça prédisait le futur. »
Sur « Say Goodbye », il chante « Teach your children well from the bottom of the wall« . (« Apprends à tes enfants depuis le bas du mur »)
« Je pense à la ville de Flint dans le Michigan, comment on met les gens dans des situations désespérées, ils essaient de s’en sortir mais leur gouvernement local est corrompu, donc il n’y a aucune aide. Ils vont juste sauver leur propre peau et c’est tout. Comment on peut éduquer des gens qui sont en train de crever de faim? Il n’y a que des crises, ça en donne mal à la tête. La chanson parle de ça. »
Bien que les paroles de la plupart des chansons aient été écrites bien avant que Trump ait la possibilité d’accéder à la Maison Blanche, le groupe explique que les thèmes d’inquiétude dans un monde violent peuvent parfaitement être utilisés en ce moment. Inutile de préciser que les membres du groupe ne sont pas fans de Trump.

« Le pire chez Trump, ce sont les gens qui le suivent. Je me sens mal pour eux, parce qu’ils font partie d’une classe assez pauvre. Ils sont en colère et ils s’accrochent à sa haine. Il leur dit qu’ils n’ont pas d’autres choix et qu’il est le seul à pouvoir les sortir de là. C’est ce qu’Hitler disait putain! Je ne vois pas d’autres explications. J’aimerais bien dire que j’exagère. Peut-être que parfois j’exagère avec Bush. Mais Trump, j’ai vraiment hâte qu’il se casse. »
Ceci étant dit, Revolution Radio n’est pas simplement American Idiot version 2016, ou comme Tré le dit: « Avant on était choqués quand il y avait une fusillade. Maintenant, on se réveille en se demandant combien il y en a eu ».
On retrouve aussi des chansons sur la jeunesse libérée, mais aussi des titres qui évoquent la guérison de BJ.
« Il y a des choses personnelles, comme sur « Still Breathing », qui parle des problèmes d’addictions à la drogue. Sur les gens qui se sentent désespérés, qui vivent au jour le jour, surtout dans le monde actuel. Est-ce que ça m’a fait du bien de poser mes émotions dans une chanson ? Oui, bien sûr. J’étais dans un état d’esprit assez clair pendant toute la composition. Ca a fait du bien »

Et maintenant que la machine est prête à repartir, le « du bien » se transforme en « trop hâte », le groupe s’apprêtant à faire son retour.
« Je sens qu’il y a pas mal d’attente, je me sens surexcité, mais aussi un peu nerveux. » explique BJ, sur les prochains mois qui les séparent de la sortie de l’album. « Mais c’est un bon cocktail d’émotions où on a beaucoup de motivation. On a tellement hâte de repartir en tournée, ça fait tellement longtemps. On est heureux, et on adore le nouvel album. C’est bon, c’est le Green Day à son apogée, et je ne vois pas d’autres façons de le dire. »
Mike approuve: « Cet album, dans toutes ces parties, j’ai l’impression qu’il y a un gamin qui fait du air guitar dessus. J’ai hâte de repartir en tournée, de voir des visages familiers, et de tout déchirer. »
Tré ajoute: « J’ai hâte qu’on repasse du temps dans le bus, de faire les soundchecks, les interviews et tout. Ca me manque vraiment de partir en tournée, et j’ai hâte de donner des concerts, et de vivre tout ce qu’il y a entre les shows. C’est un super mode de vie. »

Et cette excitation autour de l’album est contagieuse. Lorsque le groupe en parle, on peut ressentir une grande énergie dans la pièce. Malgré les quelques côtés sombres qu’on retrouve sur l’album, les membres de Green Day n’ont jamais été aussi heureux. C’est notamment dû à leur pause, qui leur a permis de prendre du recul par rapport à tout ce qu’ils ont fait.
« On a beaucoup de reconnaissance, explique BJ. Ca fait du bien parfois d’avoir un peu de nostalgie et de prendre du recul sur ce qu’on fait, sans tomber dans l’extrême. Quand on repense au Rock & Roll Hall of Fame, on a partagé tout ça avec nos familles, mais aussi avec nos amis et des groupes qui nous suivent depuis nos débuts, comme Operation Ivy, Tim Armstrong, Aaron Cometbus. Notre ancien batteur John Kiffmeyer aussi. C’était génial de pouvoir avoir ce recul et de pouvoir partager ça. Avec nos fans aussi… »

« Après le Rock & Roll Hall of Fame, il y avait vraiment ce sentiment de gratitude, et je pense que c’est parce qu’on ne s’était jamais vraiment posés, après toutes ces années, pour prendre le temps de voir ce qu’on avait fait » raconte Mike. « On a toujours bossé, en allant de l’avant. On restait toujours dans le présent, on rentrait de tournée et on se mettait à faire des répéts 4 à 6 jours par semaine. Donc là on a enfin tout arrêté et on a regardé en arrière. Et on s’est dit « Putain, on a fait beaucoup de trucs! ». Et je suis tellement heureux que malgré tout le chaos qu’on ait pu rencontrer dans nos vies et dans le monde, j’ai ces deux mecs à mes côtés avec qui je peux jouer et créer des choses incroyables. Rien que pour ça, j’ai de quoi être reconnaissant. »

« On n’avait jamais eu vraiment l’occasion de faire un album avec cet état d’esprit là« , conclue BJ, « Et ensemble, on va tout faire péter. »

Et juste comme ça, Green Day est de retour. Renouvelés, rafraîchis, et prêts à conquérir le monde une nouvelle fois.

Interview Rolling Stone – Août 2016

août 13th, 2016

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Rolling Stone

Il y a 2 ans, Billie Joe Armstrong était sur la route en direction de Manhattan, lorsqu’il a croisé une foule de manifestants. Ils protestaient contre la décision d’un juge qui avait refusé d’inculper un officier de police pour le meurtre de Michael Brown, et étaient descendus dans la rue en bloquant les routes sur des kilomètres. Billie Joe s’en est trouvé inspiré. « Je suis sorti de ma voiture et je me suis mis à marcher avec les gens. C’était quelque chose de voir les gens se rebeller contre l’ancien régime. »

Cette expérience a inspiré le titre qui donne son nom au nouvel album de Green Day, « Revolution Radio » (sortie prévue pour le 7 octobre). Une collection de chansons qui ont pour sujet l’état chaotique dans lequel se trouve les Etats-Unis en 2016. Ce n’est pas entièrement un album politique comme American Idiot, puisqu’on y retrouve également des chansons plus personnelles telles que « Ordinary World », balade qui clôt l’album.
Cela dit, la plupart des chansons évoquent les problèmes sociaux : « Still Breathing », aborde des thèmes brûlants, selon Billie Joe ce titre « raconte la vie d’un junkie, d’un parieur, d’une mère célibataire et d’un soldat, et comment ces vies s’entremêlent. ». La chanson la plus virulente est le premier single « Bang Bang », écrit du point de vue d’un tueur de masse.

Revolution Radio est le premier album de Green Day à sortir depuis le séjour en désintox de Billie Joe en 2012 pour addiction aux médicaments. Cela avait forcé le groupe à reporter des dizaines de dates de tournée pour la promotion de leur trilogie Uno, Dos, Tré, sortie la même année. Bien que Billie Joe ait guérit, le groupe a dû faire face à d’autres épreuves. En 2014, la femme de Mike, Brittney, a été diagnostiquée d’un cancer du sein. Peu après, c’est Jason White qui a été diagnostiqué d’un cancer des amygdales. La perspective d’un nouvel album s’est arrêtée à ce moment-là. Par chance, fin 2015, Jason White et Brittney avaient guéri, et Green Day ont commencé à travailler sur un nouvel album dans leur studio d’Oakland, en l’auto-produisant (première fois depuis Warning).

Nous avons parlé avec Billie Joe au sujet de Revolution Radio, sur les difficultés rencontrées par le groupe ces 4 dernières années, sur la réception plutôt mitigée de la trilogie, et sur leur prochaine tournée mondiale.

Voilà 4 ans qu’on ne vous avait plus vus. Est-ce que vous aviez prévu de prendre une pause aussi longue après la trilogie ?
Le temps est passé. Et finalement ça a été une pause assez longue. On n’a rien forcé pour commencer à bosser sur le nouvel album. On ne s’était pas dit qu’on allait composer un nouvel album tout de suite après la trilogie. On a juste fait une pause. Il y avait beaucoup de choses qui se passaient dans nos vies respectives, et puis d’un coup, des chansons me sont venues en tête et là on a commencé à s’y mettre.

Quelle est la première chanson qui a tout lancé ?
J’ai emménagé dans un nouveau studio que j’ai construit à Oakland, et j’ai commencé à faire quelques riffs de mon côté. La première chanson sur laquelle je me suis dit qu’il y avait quelque chose, c’était « Bang Bang ». Puis le morceau qui ouvre l’album, « Somewhere Now ». J’ai commencé à faire des démos, que j’ai montrées à Mike et Tré. C’était le test. Et ils ont adoré.

A quand ça remonte ?
A il y a 2 ans.

Donc il y a eu deux ans pendant lesquelles tu n’as pas composé ?
J’ai fait un film, « Geezer », pour lequel j’ai composé la chanson « Ordinary World ». J’ai aussi composé de la musique pour une pièce de théâtre, « These Paper Bullets ». Je n’ai jamais arrêté de composer. J’ai aussi fait un album avec Norah Jones. Mais pour notre nouvel album, il n’y avait pas vraiment d’approche. J’ai laissé les choses se faire. J’avais tellement la tête dans des autres projets, qu’un jour je me suis senti inspiré pour écrire « Bang Bang ». Juste comme ça.

Votre trilogie d’albums était très ambitieuse. Ca donne l’impression que cette fois vous vouliez avoir une autre approche.
Oui, il faut aller dans l’inconnu. Pour la trilogie, on n’arrêtait pas de composer, comme des machines. Jusqu’au point où on forçait un peu. Cette fois, pour ce nouvel album, c’était l’opposé. On a laissé faire les choses naturellement.

Il y a tellement de bonnes chansons sur cette trilogie. Je pense que c’était peut être juste trop à digérer d’un coup.
Ah vous croyez? (Rires) Je trouve qu’il y a quelques bonnes chansons quand même. Et si je devais le refaire, je le referais… On voulait faire quelque chose de plus brut, sans rien vraiment préparer ; puis finalement c’est l’inverse qui s’est produit. Cela dit, j’aime bien les chansons. Et c’était un album amusant à faire.

Est-ce que tu peux parler de l’inspiration derrière «Bang Bang»? Je ne veux pas t’enlever les mots de la bouche, mais je crois que ça raconte le point de vue d’un tueur de masse.
Oui. Ca évoque cette culture qu’il y a, entre toutes les fusillades qui arrivent aux USA et le narcissisme des réseaux sociaux. Il y a toute cette haine, et en même temps tout est filmé et on se retrouve sous surveillance. Ca me paraît dingue. C’était un peu flippant même de se mettre dans la tête de quelqu’un comme ça. Ca m’a fait flipper. Une fois que j’ai écrit cette chanson, j’avais absolument besoin de me changer les esprits parce que j’avais trop peur.

Est-ce que c’est ton objectif de te mettre dans la tête d’un personnage et de comprendre son raisonnement dingue pour faire quelque chose d’horrible ?
Je ne dirais même pas que j’essayais de comprendre. J’essayais juste de cerner le personnage. Je ne sais même pas pourquoi quelqu’un ferait quelque chose d’aussi horrible parce moi je ne ferais jamais tout ça. Je voulais juste que ça montre la culture dans laquelle on est, sans prétention.

Ca fait 20 ans que vous avez toujours travaillé avec des producteurs, qu’est-ce qui vous a fait décider d’auto-produire cet album ?
On s’est juste dit qu’on allait voir ce que ça allait donner, entre nous trois et notre ingénieur du son Chris Dugan. Cette fois j’avais envie de ressentir la liberté de tout faire par nous-même, et se poser dans une pièce. De cette façon, il n’y avait pas d’intermédiaire, et ça nous forçait à rester ensemble. C’était donc intéressant de voir comment les uns communiquaient avec les autres. Je trouve que Tré n’a jamais aussi bien joué de la batterie que sur cet album. Je pourrais dire la même chose de Mike à la basse. Il a vraiment beaucoup de musicalité, en tant que bassiste. Il a même pris des leçons. Et c’était super de voir comment il a développé ses talents sur ces lignes de basse.

Ca devait être un challenge pour vous par moment, vu que vous étiez habitués à avoir Rob Cavallo ou Butch Vig avec vous avant.
Ce qui était difficile surtout, c’était d’arranger les chansons sans qu’elles soient trop classiques. Après, c’est cool de faire la production et d’ajouter des choses. Après, tout vient avec les paroles, et les arrangements. C’est comme un puzzle, toutes les pièces s’assemblent.
J’ai joué pas mal de guitare avec un archet, comme Jimmy Page, un peu. Tout le monde disait « Putain on n’a jamais entendu quelqu’un faire ça», mais c’était comme si on utilisait des arrangements avec des cordes, sur les chansons « Outlaws » et « Forever Now ». C’était très cool.

Certaines personnes vont comprendre que « Still Breathing » est une chanson qui parle des problèmes personnels que tu as traversés ces dernières années, mais c’est bien plus universel que ça.
J’essaie. Je n’ai pas envie d’être égoïste (Rires). Je préfère écrire quelque chose où j’essaie d’avoir du recul, et ne pas trop rester interne. J’espère que ça rendra les gens contents et que dans un sens ça fera la différence, que les gens puissent se retrouver dans la chanson.

Est-ce que les cancers de la femme de Mike et de Jason White ont eu un impact sur l’a composition de l’album ?
Je n’ai pas l’impression d’avoir essayé d’écrire quelque chose de spécifique à propos d’eux, mais c’est sûr qu’il y a un moment donné où on finit par se dire « Putain, il y a des choses qui se passent dans la vie et ça peut vraiment être intense. » Ca doit se sentir dans l’album, j’imagine. Mais jamais je n’écrirais de truc superficiel sur un problème familial comme ça.

Ca a quand même dû avoir un impact sur l’avancée de l’album.
Oui, on ne faisait rien au début. Leur santé est passée en premier. Ces personnes sont comme des membres de ma famille. Je n’allais forcer personne à faire quoique ce soit. Ca n’aurait eu aucun intérêt. J’avais rien envie de faire. C’était comme si il me manquait un membre de mon corps. Je ne pouvais pas être créatif de cette façon, et je n’aurais pas eu l’audace d’essayer d’être créatif.

Comment est-ce que vous avez trouvé le son de cet album ?
On a laissé faire les choses. Franchement, j’allais juste dans mon studio que j’ai baptisé OTIS, je prenais ma Marshall, ma Les Paul Jr, je branchais le tout et c’était parti. Voilà, c’est comme ça que ça s’est passé. Je sais que quand on a enregistré, je voulais que les batteries sonnent différemment. Dans les premières semaines, on a essayé 4 rythmes différents à la batterie pour ne pas qu’elles soient trop classiques. On a même bossé avec des toms. Bref, tous ces trucs un peu spécifiques.

Combien de temps vous avez mis à faire cet album ?
Je dirais 5-6 mois. Mais il y a des jours où on bossait de midi à 17h. On ne bossait pas jusqu’à pas d’heure non plus.

Tu as dit que « Revolution Radio » a été inspiré par une manifestation que tu as vue à New York. Est-ce que tu peux nous en dire plus ?
J’étais juste en train de voir ce chaos qui était contrôlé, et ça se passait aussi dans tout le pays. J’ai senti que les gens voulaient se sentir impliqués dans ce qui leur tenait à cœur. C’est de ça dont parle la chanson.

Est-ce qu’il y a un thème général dans cet album ?
C’est intéressant. Ces chansons ont été écrites avant les élections présidentielles. J’utilise pas mal de métaphores, et je pointe du doigt certaines choses, comme tout chanteur punk rock qui se respecte. C’était intéressant de voir que des chansons comme « Bang Bang » et « Say Goodbye » sont passées de métaphores à des choses concrètes, et c’est assez dingue. C’est comme si, dans un sens, ça prédisait le futur.

De quoi parle « Too Dumb To Die » ?
Cette chanson est plus personnelle. Ca évoque le fait de grandir dans un environnement ouvrier, de ne pas savoir de quoi sera fait l’avenir, d’être le gamin qui passe son temps à fumer. Ca fait aussi référence à mon père, qui était camionneur, et je le voyais partir bosser. Je me souviens qu’il faisait souvent des grèves. Cette chanson parle du fait de se demander « Mais est-ce que ça change vraiment quelque chose ? »

« Ordinary World » est un beau point final.
Après tout le chaos qu’on retrouve dans l’album, que ce soit à travers la culture pop, ou les dernières applications qu’on utilise, tout finit par être compliqué. Au bout d’un moment, on a envie de simplicité. Et c’est ce dont parle « Ordinary World ».

L’album sort quelques semaines avant les élections. Est-ce que c’est censé refléter tout ce chaos qui règne en ce moment ?
Pour moi, c’est l’élection la plus chaotique que j’ai jamais vue. C’est vraiment flippant. Je n’ai pas envie d’ajouter plus d’outrance ou de colère. J’essaie juste de refléter tout ça. C’est la première fois que ces élections jouent sur la peur et la haine. Ca instaure un climat étrange. Tout le monde a peur. Aucun parti, et personne ne peut essayer de raisonner les autres parce que tout le monde est bloqué par la peur et la haine, et il n’y a pas d’entre deux. En gros, voilà ce que reflète l’album. Aussi, je m’inclue dedans, je fais partie du problème.

Est-ce que tu as hâte de jouer ces chansons en live ?
Oui. On va annoncer des dates très bientôt. On fait des répétitions dans le garage et ça sonne bien. Jason White, Jason Freese et Jeff Matika sont de retour avec nous, on a tout notre gang de retour.

Est-ce que ça te manque d’être sur la route ? Ca a été la plus grande pause de votre carrière.
Absolument. C’est difficile de rentrer chez soi et de ne rien faire, parce qu’on commence à se sentir comme un chômeur. Tu essaies de trouver ton but dans la vie. C’est le plus difficile entre les albums. Quand tu fais une pause, tu t’éloignes de tout ce que tu aimes. C’est pas comme quand on part en vacances, ou que tu te dis que t’as besoin d’un break parce que tu n’aimes pas ton boulot. C’est dur. Au début ça fait du bien, on se dit qu’on peut faire tout ce qu’on veut. Puis au bout d’un moment, tu te demandes ce que tu peux faire. Donc là oui, on a hâte, tout le monde aussi.

A chaque fois que je vous vois en concert, je suis choqué de voir tous ces jeunes qui viennent à vos shows.
C’est assez rare ce qu’on a. Je crois que personne d’autre ne peut avoir tous ces nouveaux fans comme on a. Je ne dis pas ça de façon arrogante, mais ça part d’une observation que j’ai fait au fil des ans. Il y a toujours des gens qui viennent nous voir et qui ont 15-20 ans. Et puis d’un coup, 10 ans plus tard, les gens ont 25, 26 ans, qui te disent que Dookie a été leur premier album, ou American Idiot, ou Nimrod. Et je suis sûr que c’est ce qui va continuer à arriver. A chaque fois qu’on sort un album, on voit ça, et c’est juste génial.

Beaucoup de gens disent que le rock est mort. On ne doit pas ressentir ça pendant vos shows.
C’est con de dire ça, que ce soit pour n’importe quel style de musique. C’est comme si on disait « L’air est mort », « L’eau est morte ». Ca n’a pas de sens.

Je sais que le groupe a connu des épreuves difficiles ces quatre dernières années. Comment tu te sens maintenant que l’album est prêt et que vous vous préparez à partir en tournée ?
Honnêtement, je ne me suis jamais senti aussi bien de ma vie. J’ai tellement de chance d’avoir ce groupe depuis 25 ans maintenant. Ca fait aussi 22 ans que je suis marié. Mes amis vont bien, ce sont des bonnes personnes et j’adore trainer avec eux. Et ils disent aussi qu’ils adorent trainer avec moi (rires). Tout va bien. Donc je suis dans un état d’esprit idéal pour partir en tournée, pour un album comme celui qu’on a.

Est-ce que tu es optimiste pour le futur des USA ou est-ce que tu es inquiet ?
Je suis optimiste, honnêtement. Tout ce dont parlent les gens à la TV, ce sont toutes les conneries. C’est comme si ces élections étaient une émission de télé-réalité. Mais regardez aussi tout ce qui se passe à côté. Je pense que Bernie Sanders a changé quelque chose, pas seulement en tant que candidat protestataire, mais il a réussi à faire quelque chose au sein de Washington. Il a réussi à motiver les jeunes à aller voter, à s’engager dans leur ville. Je pense que sur ces 10 prochaines années, ça va pas mal bouger.

Enfin, qu’est-ce que tu espères que les fans tirent de Revolution Radio ?
Merde, j’en sais rien ! J’espère qu’ils vont aimer. J’espère qu’ils vont chanter avec nous quand on leur jouera les chansons.

Nouvelles démos

avril 25th, 2015

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Le magazine anglais Kerrang a interviewé Rob Cavallo (producteur de la majorité des albums de Green Day), qui a évoqué les nouvelles démos du groupe:

“J’ai récemment écouté cinq nouvelles démos que Billie Joe a composé. Laissez moi vous dire qu’elles sont fantastiques. Il est au top de sa forme. Les fans peuvent être sûrs que quand ils seront de retour, la musique sera incroyable. » 

Billie Joe parle de « Dookie » – Rolling Stone

février 5th, 2014

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Il y a 20 ans sortait « Dookie ». A cette occasion, le magazine Rolling Stone a interviewé Billie Joe pour parler de cet album culte!

A partir de quel moment as-tu remarqué que les grosses maisons de disques s’intéressaient à vous ? Votre deuxième album « Kerplunk » est sorti sur le label indé Lookout en janvier 1992; après que le fameux « Nevermind » de Nirvana soit passé numéro 1 des ventes. Est-ce que vous surfiez sur la vague ?
Je me souviens de Larry Livermore (fondateur de Lookout) qui nous disait que les grosses maisons de disques le contactaient. On les ignorait. On ne savait même pas ce que ça signifiait. On croyait que c’était des faux appels. Il y avait beaucoup de groupes qui se la jouaient Nirvana et Soundgardens qui ne correspondaient pas aux attentes. Les maisons de disques ne nous recherchaient pas spécialement.

Alors que c’était le cas. Trois grosses maisons de disques (Geffen, Columbia et Reprise) se battaient pour vous avoir.
On avait une assez grande communauté de fans. Mais personne ne savait vraiment ce que c’était, parce qu’on était surtout relayés par les petits fanzines, et des mecs qui nous faisaient jouer dans des salles des fêtes. Le mec de Geffen me disait « VOUS avez fait salle comble au City Gardens (dans le New Jersey)? ». Et on faisait aussi salle comble au Whisky A Go Go à Los Angeles. Même les mecs de Warner Bros n’en croyaient pas leurs yeux.

Ca a été un grand tournant pour le futur de votre carrière. A quoi ressemblaient vos réunions de groupe? Et qu’est-ce qui vous a décidé à choisir Rob Cavallo et Reprise ?
On devait être probablement défoncés. Je dois dire qu’on l’était toujours. (rires). Après c’était surtout par élimination. Mais on savait très bien ce qu’on voulait faire. Moi je joue avec ma guitare Blue, Mike va avoir le meilleur son de basse. J’allais utiliser qu’un seul ampli. C’est tout ce dont on avait besoin. Et c’est comme ça qu’on a fait l’album.

Vous avez enregistré l’album chez vous, à Berkeley, mais dans un gros studio, Fantasy. Ce qui est une grande avancée comparé à ce que vous aviez fait pour vos albums précédents. Est-ce que vous vous sentiez à l’aise?
Ca avait une atmosphère assez seventies, et il y avait du bois en acajou dans tout le studio. Et on allait voir dans les moindres recoins pour voir toutes les cassettes de Creedence Clearwater Revival.
Malgré tout on se sentait bien. Notre premier album nous avait coûté 700 dollars à faire, et Kerplunk 1200$. On se disait « Enregistrons ces albums le plus rapidement possible parce qu’on n’a pas le choix » (rires). Cette fois, on a pu prendre plus de temps, on a pu travailler sur les sons, avoir les meilleures tonalités de guitare. J’avais aussi le temps de bosser sur mes parties vocales. J’ai adoré cette expérience.

Est-ce que tout était déjà composé et prêt à être joué quand vous êtes arrivés au studio ?
On vivait à Ashby and Telegraph à Berkeley. On partageait la chambre avec un autre groupe, East Bay Weed Compagny, et il y avait aussi d’autres personnes qu’on connaissait à l’étage. On vivait tous en communauté. Et on répétait aussi là-bas. Quand on est rentrés de notre tournée pour Kerplunk, j’avais un enregistreur avec moi. Je m’amusais avec, je faisais des démos, je jouais tout simplement. c’est là-dessus que j’ai commencé à bosser sur « She », « Sassafras Roots, « Pulling Teeth » et « F.O.D ». Ca m’a aidé à créer un son assez basique. Si quand j’enregistrais une chanson, je n’avais pas de pont, je faisais un autre couplet. Puis je montrais les chansons à Mike et Tré.

Quelle est la première chanson que vous avez joué votre premier jour au studio ?
C’était probablement « Burnout », qui ouvre l’album. On était tout excités. On était comme des enfants dans une boutique de bonbons. Mais Mike et Tré étaient assez tendus. Ca a été l’album le plus stressant pour eux à enregistrer. On était prêts. On ne voulait pas être ce genre de groupe qui reste bloqué en studio. On entendait des groupes dire que les maisons de disques les obligeaient à recommencer si c’était mauvais, ce qui est assez affreux quand on dépense autant d’argent. Alors on voulait aller vite pour tout enregistrer rapidement et en avoir fini.

En tant que compositeur, qu’as-tu appris en écrivant et en enregistrant les chansons de « Dookie »? Sur des albums indé, c’est déjà un exploit de faire les chansons. Mais, « Longview », « Basket Case », « When I Come Around » et « She » ont fini sur les radios et dans les concerts. Ce que faisait Green Day n’était pas seulement rapide, il fallait aussi penser à durer.
Pour moi, c’était important d’avoir une opinion et d’être quelqu’un. A cette époque dans le rock, on entendait beaucoup d’artistes se plaindre. Par nature, on est des gens extravertis. Donc c’est ce qu’on a trouvé dans nos chansons. On savait bien qu’on allait finir par devenir comme ces groupes qu’on n’aimait pas (rires). C’était important d’être nous-même, et d’être téméraires. On emmerde tout, la vie elle-même est stupide.

Mais il n’y a rien de stupide dans les paroles de « Basket Case » (qui parles des crises de panique de Billie Joe), « When I Come Around » (à propos de sa relation avec Adrienne) ou « F.O.D ». Ca montre juste que le mec qui vit les chansons n’était pas aussi heureux qu’il a l’air en faisant l’album.
Je crois oui, quand ça commence avec « I declare I don’t care no more » dans Burnout. Je me défoncais beaucoup. C’était un sentiment assez mélancolique. Tu cherche quelqu’un qui puisse comprendre ta folie. « F.O.D » parle de voir quelqu’un en particulier et penser à lui péter la gueule. J’en rigole maintenant. Mais c’était vraiment ce que je ressentais. Tout me paraissait si fou. Quand on était sur un label indé, c’était sécurisant. Et après, j’avais plutôt l’impression de tout faire péter.
« Basket Case » est devenu une sorte d’hymne des losers. (rires) mais dire que ça ne parle que des crises de panique est assez réducteur. Ca parle surtout d’être dans une confusion totale. Ca me fait penser à la chanson « American Idiot », quand il y a le chaos dans le monde, des gens se font tuer. Et il n’y a aucun sens à tout ça. On se sent comme une victime face à tout ça. Pour « Basket Case », c’est pareil.

Pourquoi est-ce que dans le troisième couplet de la chanson, tu as fait des modifications en employant « he » (il) en parlant d’une pute (whore) ?
J’avais envie de prendre des risques, pour moi mais aussi pour celui ou celle qui allait écouter. ca fait voir le monde différemment, en se disant que ce n’est pas toujours tout noir ou tout blanc. L’album parle aussi de bisexualité.

C’est aussi le cas dans « Coming Clean », qui commence avec « Seventeen and strung out on confusion ». Est-ce que tu avais 17 ans quand tu as écrit cette chanson ?
Non, ça aurait pu être n’importe quel nombre. Dans cette chanson, je me pose pas mal de questions. Il y a tous ces sentiments que tu peux avoir au sujet des gens qui sont du même sexe que toi ou du sexe opposé, surtout à Berkeley et San Francisco. Les gens montrent qui ils sont: gays, bi, transexuels, et autres. Ca ouvre l’esprit d’une société qui devient plus acceptable. Maintenant on reconnait le mariage gay.

Est-ce qu’avec cette chanson tu as pu tirer des conclusions quant à ta sexualité ? Ou est-ce que tu t’intéressais juste à ces questions ?
C’est un processus de découvertes. J’étais prêt à tout essayer (rires). Mais je me suis marié à Adrienne un an après.

Et votre fils aîné est né en 1995.
C’était dingue. Dookie est sorti en février, je me suis marié en juillet. J’étais assez impulsif à l’époque. Je crois que mon côté impulsif m’aidait à contrer le chaos de ma vie.

Est-ce que selon toi le fait de nommer votre album « excréments » était une erreur ? Pour être honnête, c’était difficile de vouloir aller plus loin que le titre pour vouloir s’attarder sur les paroles des chansons, plus profondes.
Je crois que c’est le cas pour la plupart des gens, même s’ils s’y sont fait. Evidemment, le titre est venu d’un délire quand on était défoncés. On fumait beaucoup. Je pensais à l’album de Sonic Youth, Goo. Quand on a donné le titre à Richie Burger qui a fait le visuel, il a fait: « Ok ». Puis il nous a dessiné des chiens en train de chier partout sur Berkeley. (rires) Je sais pas, c’était impulsif aussi. On se disait « Allez on s’en fout ».

Le visuel était vraiment bien trop joli et drôle pour un support cd.
On peut aussi voir Angus Young, la femme de la pochette du premier album de Black Sabbath.

J’adore le chien qui verse un seau plein de merdes depuis un toit, sur une femme qui s’exclame « Oh, mon latté ! », sûrement un clin d’oeil à tous ces punks radicaux de Berkeley.
Il y a beaucoup d’éléments familiers dessus. Il y avait un mec qui faisait tout le temps du jogging, il est dessus. Il y avait un photographe au 924 Gilman Street, qui est aussi dessus.

Ca montre bien que malgré tout ce que vous vous êtes pris dans la gueule en signant sur une grosse maison de disques, votre premier album dessus n’était pas si loin de vos racines.
Je ne suis pas rancunier de tout ce que les gens ont dit. Il y a beaucoup de choses qui se passent en 20 ans. Ils doivent bien finir par changer aussi. Ils doivent être responsables pour les merdes qu’ils font. Je dois déjà être responsable pour les merdes que je fais, peu importe ce qui se passe. Leurs opinions… la plupart des gens ne pensent plus comme ça maintenant. Je ne peux pas retourner contre eux ce qu’ils ont dit à 15 ans pour toujours.

Interview de Mike pour Rolling Stone

mars 2nd, 2013


Après BJA, c’est au tour de Mike de répondre à des questions à Rolling Stone !

(suite…)

Traduction de l’interview de Billie Joe pour Rolling Stone

mars 1st, 2013


Scans: 1 // 2 // 3 // 4 // 5 // 6 // 7

(suite…)

Billie Joe répond aux questions des fans dans Kerrang

septembre 17th, 2012

Scan

Vous vous êtes amusés à lancer des rumeurs ces derniers temps. Mais quelle est la meilleure rumeur que vous ayez entendue au sujet de Green Day ?

J’ai entendu dire que j’étais mort. C’est assez dur de battre ça. C’était à l’époque où j’étais à Los Angeles pour enregistrer « American Idiot », et ma femme m’a appelé en panique. C’était juste la folie d’internet.

Quel est le meilleur groupe avec lequel vous avez partagé une affiche ? Et le pire ?

Le meilleur groupe ça serait très probablement The Hives. Ils sont super en live. Et le pire ? Je crois que je vais dire Bon Jovi! »

Quel est ton repas anglais préféré ?

Facile, le fish-and-chips. Avec dessus plein de sel, de vinaigre et toute la sauce que vous avez.

Quel est ton tatouage préféré et pourquoi ?

Le prénom de mes enfants. Pas vraiment besoin de me justifier pour ça, vous comprenez. Sinon si je dis autre chose, je vais avoir des problèmes! Je n’ai pas envie qu’on me jette de chez moi!

Quand les fans disent que votre musique a changé leur vie, qu’est-ce que tu ressens ?

La musique a changé ma vie, alors ça me fait plaisir de voir qu’on a réussi de notre côté à avoir un impact. Si les gens trouvent quelque chose dans laquelle ils se retrouvent, ou entendent quelque chose qui les aide à sortir de leur lit tous les matins, alor que demander de plus ? Ca va bien plus loin que tout ça, qu’on soit un punk, un gay, ou un rejeté. Si vous pouvez trouver un sentiment de liberté et que vous pouvez retrouver confiance en vous grâce à la musique, c’est déjà énorme.

Qu’est-ce qu’il faut que je fasse pour que je monte sur scène à un concert ?

Maintenant la plupart des gens tiennent une feuille. Si vous êtes au milieu d’une grande fosse, ça peut aider. Mais je pense qu’on est  vraiment spontanés maintenant. On ne sait pas si on va faire encore monter des gens pour jouer de la guitare.

Est-ce qu’en devenant un groupe influent c’est plus dur pour vous de garder vos valeurs punk ?

Je ne sais pas si c’est si compliqué, parce qu’on doit prendre plein de facteurs en considérations. Plus les salles dans lesquelles on joue sont grandes, plus il faut payer en location, alors après on se demande comment faire le meilleur concert possible et comment rendre les prix abordables pour les gens. Surtout à une époque on est en récession, ce genre de choses là. Donc ce n’est pas si difficile, il faut juste trouver un équilibre. Pour être honnête, avec la tournée pour 21st Century Breakdown, on était un peu au fond du trou! On avait cette grosse production et on a tellement mis le paquet, qu’on en a fait un peu trop justement.

As-tu déjà rencontré un de tes héros qui t’as déçu ?

Brian Wilson des Beach Boys. Mais là encore, je ne peux pas entièrement lui en vouloir parce que je crois qu’il ne faisait pas trop attention à ce qui se passait.

Est-ce que vous vous êtes déjà disputés entre vous ?

Quand on est en tournée, et ça arrive souvent parce qu’à un moment donné on commence à devenir fous. La dernière fois c’était avant de monter sur scène au concert de Londres à Shepherd’s Bush. On s’est engueulé à propos de trucs personnels et je faisais chier.

Après tant d’années ensemble, comment faites-vous pour éviter la routine ?

Quand ça fait des années qu’on est ensemble, comme c’est notre cas, on a l’impression d’avoir fait le tour de tout. Alors c’est important de retrouver un peu de fraicheur. Alors avant de faire un show au Reading par exemple, on s’entraine un peu en jouant à Shepherd’s Bush devant 2000 personnes. Ca aide des petits trucs comme ça.

Dans quel pays où vous n’avez jamais été aimeriez-vous jouer ?

En Russie. On n’y a jamais été encore, et il y a beaucoup de fans qui attendent qu’on y aille. J’aimerais bien jouer à Cuba aussi.

Combien d’années encore va exister Green Day ? Est-ce que tu t’imagines jouer « Basket Case » à 80 ans ?

80 ans ? Ca fait vieux ! J’en sais rien. J’essaie de vivre sur le moment, parce que parfois j’arrive pas à croire que j’ai 40 ans et que je fais encore ce que je fais. Mais ça a encore de l’importance dans ma vie. Et puis « Basket Case » fait partie de ces chansons qui ne sont plus tellement les miennes. Ca appartient aux gens qui la chantent dans la fosse maintenant.

Que veux-tu qu’il se passe à ta mort ?

Je ne sais pas. Je crois en une sorte de spiritualité, mais je ne sais pas si je vais finir avec des centaines de vierges quelque part! Je pense que je serais heureux si je peux voir quelques vieux amis.

Qu’est-ce que tu aimerais qu’il soit inscrit sur ta tombe ?

Je suis si vieux que ça ?! Euh…c’est difficile de répondre. Peut-être juste une liste de toutes les chansons que j’ai écrites.

Quelle est la leçon la plus importante que tu aies apprise ?

Ne pas se laisser submerger par les petits soucis. Ne pas essayer de vouloir tout contrôler. Ca fait du bien de laisser le chaos prendre le dessus, pour savoir au fond de soi que tout ira mieux à un moment donné.

Green Day répond aux questions des fans via Kerrang

septembre 5th, 2012


Voici les scans du nouveau numéro de Kerrang !
(suite…)